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Chapitre III - Scène 1 - Le fossé était trop grand

21 Avril 2018, 09:00am

Publié par SabrinaM

L'année scolaire reprenait ainsi que mes cours de musique. Comme je démarrais un nouveau travail à temps complet, j'étais en mesure de reprendre tous mes cours et même d'en augmenter certains. Je me réinscrivais donc à la chorale, au solfège pour ma deuxième année. Je passais d'une demi-heure de piano par mois à une demi-heure tous les quinze jours et voulant faire des progrès rythmiques, je me décidais à intégrer l'Ensemble de Percu Val de Cher. Mais pas seulement, je pouvais enfin contacter une prof de chant et prendre des cours avec elle et continuer à réaliser une partie de mon rêve.

Les débuts dans mon nouveau boulot étaient un peu déroutant pour moi car l'univers était complètement différent. Les enfants me manquaient beaucoup et les collègues n'étaient pas le même esprit qu'à l'école. Je m'accrochais difficilement en espérant que mes angoisses n'étaient que passagères. Cela dit, la gérante de l'entreprise me laissait partir plutôt certains soirs pour que je puisse aller à mes cours. Sur le coup, je ne demandais que ça. Mais au fur et à mesure du temps, mes angoisses ne diminuaient pas et je me sentais de moins en moins bien dans mon nouveau poste. Beaucoup d'infos, beaucoup de changement d'organisation. Je tâtonnais autant que la gérante. Connaissant plutôt bien mon métier de secrétaire, j'avais beaucoup de mal à appliquer tout ce que l'on me demandait de faire, qui parfois me semblaient assez incohérent. Mon "entrain" déclinait et mes relations avec les autres collègues aussi. 

Durant la journée, je souffrais de ma personnalité bien trop différente de l'équipe et pas forcément appréciée alors je m'accrochais à la musique comme une énorme bouée de sauvetage qui me permettait de me garder hors de l'eau. Les semaines défilaient et nous arrivions bientôt en décembre.

Ce fut un mois fort décisif pour moi car avec le groupe de percussions, nous nous préparions pour la soirée du téléthon qui avait lieu le samedi 3 décembre. C'était aussi, pour moi, un moment particulier car je montais sur scène pour jouer d'un instrument, en groupe, mais avec chacun sa partition et en prime, j'avais deux petits solos à faire (la trouille quoi !). Mais cet instant là fut bien plus intense encore que mon premier cours de piano. La sensation est juste indescriptible. A la fois concentrée sur la partition mais aussi à l'écoute de mes camarades pour rester en rythme et s'amuser en même temps. Au moment où l'on s'installe derrière nos Tom de batterie, on sait que l'on n'a plus le choix. Là, il faut tout donner sans se poser de question. On sait aussi que le moment va être finalement assez court alors pas de place pour la retenue ou pour la timidité. Il faut envoyer, amuser le public parce qu'on est venu pour ça. C'est une fois que le moment est passé que l'on ressent et ce que moi j'ai ressenti ce jour-là, résonne encore dans ma tête. J'ai vaincu une peur, réalisé la première marche d'un rêve, pendant nos deux morceaux, le temps était comme suspendu. Comme pour le piano, pas de question, pas besoin de me cacher, être moi parce que sur scène bizarrement on ne peut pas se cacher. Je crois bien que je suis restée perchée dans cet unviers les deux jours qui ont suivi.

Ce qui fait que le lundi, quand il a fallu reprendre bêtement mon travail, j'ai eu une prise de conscience. Je ne pouvais pas rester dans un endroit où je me sentais aussi mal. Je ne pouvais pas me renier autant. Le hasard fait bien les choses parce que la même semaine, la gérante m'a convoqué pour me dire que je ne convenais pas au poste (je vous passe les détails de la discussion qui me vaudra une espèce de phobie du travail que je dois combattre à chaque fois je dois en retrouver). L'arrêt de mon contrat fut aussi vite conclu que sa signature quelques mois plus tôt. Mi - décembre, je me retrouvais finalement à nouveau au chômage avec l'illusion que la musique serai la clé de mon "succès".

Chapitre III - Scène 1 - Le fossé était trop grand

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Chapitre III - Un été pas comme les autres

14 Avril 2018, 09:00am

Publié par SabrinaM

L'année scolaire se terminait enfin. Elle fut assez mouvementée et un peu de repos n'était pas de refus. Le compte en banque, lui, n'était pas de cet avis et l'on me proposa de travailler quelques jours au centre de loisir. J'acceptais l'offre. Seulement, travailler dans une école avec des élèves et travailler dans un centre de loisir avec des enfants sont belles et bien deux choses différentes. Je me suis retrouvée confrontée à un univers que je ne connaissais absolument pas. Heureusement pour moi, il y avait là quelques élèves de mon école qui ont su m'aider par moment en se montrant leader du groupe et, qui à ma grande surprise, s'exécutaient pour "asseoir" mon autorité aux yeux des autres enfants. Je n'y ai travaillé que 4 jours sur le mois de juillet. En partant, j'étais clairement résignée à refuser toute offre de poursuite. Pourtant, on me proposa de revenir pour 3 semaines en Août. Changement de directeur, je me laissais tenter !

Entre temps, j'apprenais une très mauvaise nouvelle familiale et je culpabilisais de me sentir aussi impuissante face à l'épreuve que devait surmonter l'une d'entre nous. Ce fût des moments très difficiles qui ne soulagèrent en rien mes journées au centre de loisir. Je manquais totalement d'expérience et je ne me sentais pas épauler durant mes journées de travail. Bien sûre, tout n'était pas horrible et je me fis une bonne copine d'été avec laquelle je me suis bien marrée quand même. Sur les deux dernières semaines, on me demanda de rejoindre le groupe des tous petits. Génial ! A l'école, j'adorais cette section ! Bah oui mais non ! Je ne suis pas à l'école, il n'y a pas les maîtresses et je n'ai pas carte blanche du tout. On me répétait cent fois la même chose comme je n'avais que 20 ans et aucune connaissance des enfants. J'étais folle de rage. Pourtant lorsque la période de vacances pris fin, on me félicita pour mon calme, ma patience et ma superbe gestion des enfants !!! Euh, c'est quoi... de la pommade pour que je revienne l'année prochaine ? Même pas en rêve !

L'école repris et j'étais la plus heureuse du monde de retrouver mes p'ti bout d'chou, mes collègues et mes habitudes. Pour certains, le fait de les avoir vu dans un autre élément que l'école me permis de comprendre un peu mieux leurs comportements. Ce que je n'avais pas prévu en revanche, c'est que durant l'été j'avais postulé à quelques annonces. La fin de mon contrat était proche et j'avais peur de me retrouver sans rien et je fut grandement surprise lorsque je décrochais plusieurs entretiens et que je fus prise pour un poste de secrétaire commerciale dans une entreprise qui venait de s'agrandir. Le poste était tout neuf et pouvait donc évoluer en même temps que moi. Très rapidement, l'affaire fut conclu. Je démissionnais de mon travail à l'école mais pas sans déchirement au cœur. Ils m'avaient fait tourné en bourrique mais j'adorais les gosses de cette école ainsi que l'équipe pédagogique qui les entourait. Pour faire un petit flash-back, j'ai eu une paix royale pendant 2 ans. J'avais carte blanche sur ma façon d'agir avec les enfants. Le plus important était de communiquer avec tout le monde pour éviter les conflits et surtout de mettre le directeur au pied du mur lorsqu'il y avait un problème avec un enfant. J'avais trouvé au sein de cette équipe, des gens qui ont su m'accepter telle que j'étais et qui en ont fait une force. Les adieux ont été un peu dur à gérer moi mais je me préparais à vivre une nouvelle expérience.

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Chapitre II - Scène 4 - Fête de l'école de musique

7 Avril 2018, 09:00am

Publié par SabrinaM

Le stress montait. Bientôt, je monterais sur scène avec mes amis de la chorale pour clôturer l'année musicale. Mais pour une fois, le stress que je ressentais, était différent. Celui-ci me donnait envie d'y aller. Nous avions toutes et tous travaillés pour donner le meilleur de nous le jour J. Tant d'impatience mais avec tellement de bonnes raisons de l'être car une fois sur scène, nous commencions à chanter. Nous prenions un grand plaisir et en regardant la salle, j'avais l'impression que le public le ressentait. Un long moment d'attente pour un moment très court mais plutôt intense en émotion. Nous étions le final de la fête et les applaudissements se sont fait entendre.

Cela fait bien 3 ans maintenant et je les entends encore. Je me souviens aussi de ma fierté à moi. Se sentir à sa place, comme si tout était le plus parfait possible. De la joie. Voilà, ce que j'éprouvais. Un sentiment peu évident chez moi alors quand je le retrouve, j'ai la sensation que rien ne pourra plus m'arriver. Seulement, la vie n'est pas faite ainsi et les mois qui ont suivi n'ont pas été simple du tout.

Chapitre II - Scène 4 - Fête de l'école de musique

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